• Au bout de quelle éternité ?

    Ce qu’on vivait était étrange

    C’était un temps bien singulier

    Angoisse et colère en mélange

    On était comme anesthésiés

     

    Aucun de nous n’avait connu

    À telle échelle autant d’angoisse

    La maladie avait couru

    À travers toutes les paroisses

     

    Nul n’y croyait au tout début

    On en riait on s’en moquait

    Et puis très vite elle est venue

    Comme la peste a débarqué

     

    Au vu de sa croissance folle

    De tant de pauvres gens fauchés

    Voici alors que tous s’affolent

    Comme sous flèches des archers

     

    C’est alors qu’il fut décidé

    Afin d’éviter tout contact

    Que tous ne soient pas décimés

    Et pour limiter son impact

     

    Que l’on resterait sous son toit

    Claquemuré dedans ses murs

    Sans plus sortir chacun chez soi

    Jusqu’à la fin de l’aventure

     

    Les rues des villes et villages

    Balayées par un vent morose

    Toutes les autos aux garages

    Et toutes les boutiques closes

     

    Régnait une atmosphère étrange

    Où tout restait silencieux

    Tout près le chant d’une mésange

    Et puis ce printemps radieux

     

    Toutes ces fleurs qui embaument

    Les tracteurs tournaient dans les champs

    Et dans nos hôpitaux mouraient

    Par milliers tant de braves gens

     

    Dans les cours vides de nos écoles

    Ne fusaient plus les cris les rires

    Des enfants et leurs courses folles

    On avait très peur de mourir

     

    Et moi je marchais solitaire

    Par des laies des sentes de loups

    Par de secrets chemins de terre

    Et me tenais encore debout

     

    Enivré de mille senteurs !

    Et tant de verdure aux feuillages !

    Et tant et tant de gens qui meurent !

    À quand la fin de mon voyage ?

     

    Tous les braves gens se terraient

    Comme rats au fond de leurs trous

    Il fallait vivre confinés

    Beaucoup en devenaient fous

     

    C’était alors grande misère

    Qui dévastait tous les royaumes

    C’était un peu comme les guerres

    Où il se tue tellement d’hommes

     

    Si notre belle humanité

    Soudain venait à disparaître

    Au bout de quelle éternité

    Arriverait-elle à renaître ?

     

     

    Francis BELLIARD

    La Bourrache, le 18 avril 2020

     

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